Stress et conditions de travail

8% des cadres utilisent le droit de retrait

16 avr 2013

Où l'on retrouve la question de l'autonomie sans les moyens de l'exercer.

 

Les salariés ont le droit depuis les lois Auroux en 1982 ''de se retirer d’une situation de travail dont ils ont un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé'' (L. 4 131-1 du code du Travail). L’enquête Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels (Sumer), qui dresse une cartographie des expositions des salariés aux principaux risques professionnels, se penche sur le droit de retrait. Résultat : 12% des salariés (8 % des cadres et professions intellectuelles supérieures) ont déclaré qu’il leur était arrivé de refuser ou d’interrompre une tâche pour préserver leur santé ou leur sécurité au cours des douze derniers mois.

 

Certains secteurs apparaissent plus exposés comme la production, la distribution d’électricité, de gaz et d’eau, la santé ou l’action sociale. D’autres, comme les activités financières et d’assurance, l’information et la communication, sont au contraire plus épargnés. L’enquête propose 7 profils de conditions de travail parmi les salariés ayant refusé ou interrompu une tâche :

  1. Les isolés exerçant de façon isolée des métiers de service physiquement et psychologiquement exigeants,
  2. Les harcelés qui se sentent mal dans leur travail, en conflit avec leur hiérarchie ou leurs collègues,
  3. Les agressés, salariés de la santé, de l’action sociale ou de la sécurité, en contact avec le public,
  4. Les ouvriers de métier, autonomes, exerçant des métiers pénibles et dangereux,
  5. Les ouvriers spécialisés fragilisés, effectuant un travail industriel routinier et très encadré,
  6. Les stressés, salariés subissant les revers de l’autonomie et des responsabilités. 15% des salariés ayant refusé ou interrompu une tâche sont regroupés dans ce profil. 42% sont cadres et professions intellectuelles supérieures et plus de la moitié ont des responsabilités hiérarchiques. Ils ont d’ailleurs des conditions de travail caractérisées par une forte autonomie apparente (ils règlent le plus souvent eux-mêmes les incidents, peuvent pour la plupart modifier l’ordre des tâches et les délais) mais aussi des exigences élevées (rapidité des tâches, temps de travail et disponibilité étendus). ‘’Ces fortes exigences, qui caractérisent assez classiquement le travail des cadres, peuvent avoir été jugées difficiles à supporter voire dangereuses du fait du cumul avec d’autres facteurs qui jouent le rôle de déclencheurs’’ analyse la Dares.
  7. Reste 54% des salariés déclarant une interruption ou un refus de tâche alors qu’ils se disent peu exposés, et se distinguent par des conditions de travail plutôt meilleures et peu de risques (source Dares, enquête Sumer 2010).

 

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