Temps et charge de travail

La CFDT Cadres tisse les solidarités du quotidien

Aidants et salariés cadres, la CFDT Cadres s’engage pour les solidarités du quotidien.

Lors du dernier Congrès, qui s’est tenu à Saint-Malo en juin, la CFDT Cadres s’est engagée à construire un droit à la vulnérabilité dans la vie professionnelle. Parce qu’embaucher un salarié, c’est dans une certaine mesure endosser aussi les aléas de sa vie. La protection sociale permet une couverture globalement satisfaisante pour les accidents de la vie personnelle, mais lorsqu’il s’agit des très proches, parents vieillissants, conjoint accidenté ou enfants handicapés et malades, le salarié « compose » et s’use trop souvent.

Aujourd’hui, le rôle d’aidant familial concerne 11 millions de personnes en France. Et parmi eux, 47% travaillent. Les situations sont variées : ce sont de jeunes parents avec un enfant porteur d’un handicap, ou bien un couple dont l’un a subi un accident de santé dû au stresse par exemple -courant chez les cadres -, ou bien évidemment l’accompagnement des parents âgés. Ces situations sont souvent pérennes, avec une place du domicile croissante dans les soins. Les aidants consacrent en moyenne 6 heures par jour à l’accompagnement d’un proche. La population de salariés cadres est tout particulièrement exposée : le cadre autonome, au forfait jour, évalué sur les résultats, sera naturellement sursollicité : professionnellement au service d’une équipe à manager, et personnellement au service de leurs proches. Quant on sait que les aidants consacrent en moyenne 6 heures par jour à l’accompagnement d’un proche, l’épuisement personnel, les risques professionnels sont évidents. Bien avant l’absentéisme, des signes peuvent alerter : coups de fils incessants de l’extérieur pour « demander de l’aide », repli sur soi, désengagement des projets collectifs. Réactions bien difficilement compatibles avec le métier de « manager ».

La CFDT Cadres s’investit aujourd’hui pour que la solidarité quotidienne, l’humanité dont témoignent les aidants, et l’engagement réussi dans une vie professionnelle ne soient pas une équation impossible. 
 

  • Négocier au sein des entreprises des adaptations pour les aidants : un enjeu du syndicalisme CFDT.

Témoignage de générosité, le don en jours RTT des collègues de travail, précieux symboliquement, ne peut être l’alpha et l’omega de la prise en charge des salariés aidants. Il est d’ailleurs très peu utilisé, notamment pour les cadres.

Les plus grandes entreprises se dédouanent en reportant la question sur un système de conciergerie – qui cherchera une place en structure collective à la personne dépendante -, souvent non souhaitée par les personnes aidantes.

Alors que faire ?

Combiner travail et assistance à des membres de la famille peut faire porter une lourde charge de responsabilité sur les épaules des aidants familiaux, entraînant du stress, qui peut être combattu par des programmes pour la santé sur le lieu de travail.

Négocier la conciliation des temps, au niveau de l’entreprise, voire au niveau du service, peut permettre aux cadres d’aménager des moments de répits. Aucune formule n’est généralisable : certains préfèreront limiter les congés annuels pour aménager un temps partiel sans perte de salaire, tandis que d’autres, selon la situation de la personne dépendante opteront pour un temps partiel.  Les assurances d’entreprises peuvent aussi être mobilisées pour prendre en charge une partie du salaire pendant une période.
Certains acceptent de changer de poste, avec l’assurance de retrouver leurs fonctions, une fois meilleure fortune revenue.

La CFDT Cadres s’engage aux cotés des aidants pendant cette mandature. Pour la solidarité du quotidien, innovons !

par Anne-Florence Quintin, Secrétaire nationale CFDT Cadres