Grand Est

Interco Ardennes : Les cadres s'expriment sans tabou

À Charleville-Mézières, les préoccupations des cadres ont été rendues sensibles lors d'une heure mensuelle d'information.

 

« RETOUR SUR LA PREMIÈRE HMI1 CADRES DU 19/04/2018

Par CFDT Interco Ardennes

Un moment très riche pour tous les participants, un réel temps d’échange, d’entraide et de retour d’expérience pour cette première réunion, sans tabous, autour des thèmes touchant les encadrants.

Un sentiment partagé : le bien-être de tous les maillons de la chaîne de décision a des impacts positifs sur toutes les équipes.

Ressenti également partagé d’une accélération des réformes et restructurations ; les cadres sont perçus par les employeurs comme des « pièces » sans humanité ni attaches, pouvant être déplacés d’un poste à un autre sans souci de leurs attaches à leur territoire. Ce rythme effréné, derrière l’objectif affiché d’amélioration, crée un sentiment de danger pour les cadres ; cette insécurité freine la solidarité entre pairs, voire favorise le « dézinguage » entre collègues.

Les cadres craignent parfois d’exprimer les dysfonctionnements : comme si s’exprimer était forcément afficher une difficulté.

Dans les services publics les cadres de proximité constatent des carences fortes dans leur implication, par les encadrants supérieurs, dans les décisions et stratégies, pouvant aller jusqu’à une mise à l’écart : volonté délibérée ? recherche du confort et de la facilité ? (puisque les cadres de proximité sont les mieux placés pour alerter sur les limites ou obstacles…). Les cadres ne sont pas associés aux leviers de motivation de leurs propres agents : primes, promotions… Ils n’ont pas non plus de prise sur les recrutements : si le cadre signale une difficulté (ex : agent en maladie non remplacé) il court le risque de se voir affecter… un agent « dont plus personne ne veut » !

Un cadre trop compétent, « expert » de ses missions, gêne sa hiérarchie ; s’auto-censurer entraîne une « course à la médiocrité ». Un excès de mobilité entraîne moins de compétence, donc moins de pertinence dans les avis ? De manière générale : ressenti d’une sous-exploitation des compétences des cadres.

Le cadre est toujours perdant : forte exigence de son N+1, défiance de ses collaborateurs. Parfois les agents sont plus respectés dans leurs droits que les cadres… Manque de reconnaissance, qui ne vient pas du N+1, mais ne vient pas non plus du N-1.

Fonctionnement de la hiérarchie du cadre : modernité ou archaïsme selon les cas ! Rarement de juste milieu.

La multiplication des tâches parasites chez les cadres peut jouer dans leurs réactions « éruptives » face aux difficultés. Confusion des rôles = dégradation des représentations mentales sur « ce qu’est un cadre » et remise en cause de sa légitimité.

Il est crucial pour le cadre de connaître les process de son bureau pour pouvoir analyser la plus-value de son service et défendre et/ou proposer des adaptations, négocier des solutions.

Le cadre intermédiaire est une aide à la décision de la hiérarchie supérieure, mais par méfiance ou manque de confiance, il n’a pas toujours l’intégralité des éléments de contexte ou de situation ; l’encadrant ne sait pas forcément s’il a apporté les éléments demandés… un début de reconnaissance serait de dire, de temps en temps, que « la note a éclairé la décision », que « le travail fourni était bien ce qui était demandé »…

De fortes carences des administrations en matière de bien-être au travail ; les cadres sont renvoyés à leurs responsabilité, aucun soutien ou très peu de leurs RH. Est-ce un problème de moyens ? de compétences ?

Manque cruel d’espaces de parole et d’entraide : enjeu très fort."

1 Heure mensuelle d'informations


Organisation des prochaines réunions :

  • rythme : 1 par mois, le 3ème jeudi du mois (sauf contretemps qui sera diffusé),
  • les réunions débuteront par un accueil de convivialité de 17h à 18h puis les échanges commenceront à 18h,
  • un thème sera fixé pour chaque séance."

Prochaine réunion jeudi 17 mai 2018 - Thème : « Pour un droit d’alerte professionnelle » :
"Je constate un dysfonctionnement, une difficulté dans mon service, je le signale, et je me retrouve seul.e avec ma responsabilité de cadre… Comment exercer mon droit d’alerte ?"

  • À 17h00, dans les locaux de l’union départementale CFDT – salle Biver (RDC), 21 rue Jean-Baptiste Clément - 08000 Charleville-Mézières

 

Photo : Wikipédia