Métallurgie

[FGMM] Focus sur les cadres de la métallurgie

58,7 % des cadres de la métallurgie révèlent travailler plus longtemps sans compensation.

Depuis cfdt-fgmm.fr - Publication du 08/12/2017

 

« 1 180 cadres de la Métallurgie répondent à l’enquête temps de travail

 

1 180 cadres de la Métallurgie répondent à l’enquête temps de travail menée du 06/02/17 au 27/04/17

La métallurgie CFDT a coordonné une enquête sur le temps de travail de février à avril dernier. Les militants de 147 sections ont recueilli 3 910 réponses, dont celles de 1 180 salariés cadres. La majorité des répondants cadres (55,5 % = 647 personnes) sont employés dans des entreprises de plus de 1 000 salariés (12,3 % entre 500 et 1 000 salariés et 13,9 % de 300 à 499 salariés). Un quart sont des femmes. Une majorité (60 %) a entre 36 et 54 ans. Presque tous sont en CDI (94 %).

58,7 % des cadres déclarent travailler plus longtemps sans compensation
Une majorité (53,8 %) travaille dans un établissement dont l’horaire en vigueur est de 35 heures (32,6 % dans un établissement, dont l’horaire en vigueur, se situe entre 36 et 39 heures). Une majorité (56 %) ont un temps de travail hebdomadaire effectif de plus de 39 heures (13 % pour les non-cadres) .33 % ont un temps de travail hebdomadaire entre 36 et 39 heures (51 % pour les non-cadres. Une majorité (52 %) est au forfait jours sur une base annuelle.  58,7 % des cadres disent travailler souvent ou toujours plus longtemps sans compensation (17,5 % pour les non-cadres). C’est le cas de 62,6 % des femmes et de 57,5 % des hommes. Ce chiffre varie légèrement suivant la taille des entreprises (sauf celles qui ont moins de 20 salariés). De même, suivant que le temps de travail en vigueur est de 35 heures ou entre 36 et 39 heures. Quasiment tous disent avoir droit à des RTT. La configuration la plus répandue pour les RTT (40 %) est une combinaison de jours RTT imposés par l’employeur et de jours au choix du salarié. Une grosse majorité (69 %) a entre 10 et 20 jours de RTT par an (51 % pour les non-cadres).

34 % travaillent parfois le week-end sans contrepartie
16 % des répondants déclarent ne pas avoir les mêmes horaires tous les jours.11 % doivent effectuer des astreintes (13 % pour les non-cadres). 34 % disent qu’il leur arrive de travailler le samedi et le dimanche sans que leur contrat le prévoie (18,7 % pour les non-cadres).

21 % trouvent leur charge de travail bien adaptée
21% des cadres trouvent leur charge de travail bien adaptée (32,8% pour les non cadres).59,6% des cadres trouvent leur charge de travail importante mais acceptable (47% pour les non cadres).18,4% des cadres trouvent leur charge de travail trop importante (17,3% pour les non cadres). C’est le cas de 25 % des femmes et de 16 % des hommes. C’est le cas de 23 % des cadres qui ont déclaré travailler plus de 39 heures par semaine ; 12 % de 36 à 39 heures ; 13 % 35 heures ; 22 % moins de 35 heures.

Les moins de 26 ans souvent amenés à dépasser leurs horaires
À cause de leur charge de travail, 30,8 % des répondants sont souvent amenés à dépasser leurs horaires (12 % pour les non-cadres), 17,7 % très souvent (4,6 % pour les non-cadres). Les plus concernés sont les moins de 26 ans (22 % d’entre eux). À cause de leur charge de travail, 28,6 % des répondants sont souvent amenés faire trop vite une tâche qui demande plus d’attention (21,4 % pour les non-cadres), 10,5 % très souvent (6 % pour les non-cadres). Les plus concernés sont les 36-45 ans (13 % d’entre eux).

15 % connectés en permanence
15,7 % des répondants restent souvent connectés à l’entreprise en dehors des heures de travail (6 % pour les non-cadres) et 15 % toujours (4 % pour les non-cadres). Hommes et femmes sont concernés dans les mêmes proportions. Les plus connectés en dehors des heures de travail sont les 36-45 ans.

Un télétravail encore rare
9,3 % des répondants font du télétravail en moyenne un jour par semaine, 5 % 2 jours par mois, 26 % rarement et 59,6 % jamais (non-cadres : 1,8 %, 1 %, 7 %, 90,5 %). C’est dans les entreprises de 100 à 300 salariés que l’on fait le plus de télétravail. Hommes et femmes sont concernés dans les mêmes proportions.

La voiture mode de transport privilégié
Pour 38 % des répondants, la durée moyenne du trajet domicile-lieu de travail se situe entre 15 et 30 minutes ; pour 32 % c’est entre 30 minutes et 1 heure. Ils sont 11,3 % à avoir plus d’une heure de trajet. Dans l’ensemble, la durée du trajet domicile-lieu de travail des cadres est supérieure à celle des non-cadres. Le mode de transport privilégié est la voiture pour 73 % (91 % pour les non-cadres). Les transports en commun arrivent en 2e position avec 14 % (4 % pour les non-cadres). Le vélo arrive en 3e position avec 10,5 % (4 % pour les non-cadres).

Une porosité entre vie privée et vie professionnelle
56 % des cadres sont absents de chez eux du fait de leur travail entre 10 à 12 heures par jour (cette proportion se retrouve chez les non-cadres, mais avec un temps d’absence entre 8 et 12 heures). 40 % des personnes répondent qu’entre travail et vie privée, leur rythme est une course continuelle pendant la semaine, mais qu’heureusement, ils se détendent le week-end. Cela concerne plus les femmes (43 % d’entre elles) que les hommes (39 %). 12 % des cadres répondent qu’ils sont dans une course continuelle, n’ont pas assez de temps pour tout faire et ne se détendent même pas le week-end. Cela concerne plus les femmes (17 % d’entre elles) que les hommes (10 %) et les plus touchés sont les 36-45 ans. Sur ce point, les non-cadres sont plus touchés que les cadres avec 14 % des répondants.

Le ressenti d’une charge de travail trop importante
Les cadres à temps partiel et ceux qui travaillent plus de 39 heures ont le même ressenti de charge de travail trop importante. Le ressenti de la charge de travail augmente avec les heures supplémentaires sans compensation, la fréquence de connexion à l’entreprise, le télétravail, ce dernier étant par ailleurs assez peu répandu. Beaucoup de travailleurs réinvestissent dans le temps de travail le temps gagné sur le déplacement. En moyenne, les cadres sont absents de chez eux du fait de leur travail 2 heures de plus par jour que les non-cadres. Les cadres entre 36 et 45 ans sont les plus touchés par le ressenti de la charge de travail, le dépassement des horaires, l’impression de travail bâclé, la connexion numérique, la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle."

 

+ D'INFOS :

[Plaquette] Travail et temps, maintenir les équilibres

 

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