Numérique et télétravail

[CESE] Donner du sens à l'intelligence artificielle

Dans le cadre d'une audience publique le mercredi 30 mai organisée au Comité économique et social européen à Bruxelles, un premier projet d'avis du Comité relatif à l'intelligence artificielle et ses impacts sur le travail a été débattu avec la rapporteure Franca Salis-Madinier, Secrétaire Nationale de la CFDT Cadres.

 

Le Comité économique et social européen qui siège à Bruxelles est l’expression de la société civile en Europe. Il est constitué des trois groupes : celui de travailleurs représentés par les syndicats de 27 pays européens, celui des employeurs représentant les entreprises européennes, et celui de parties tiers représenté par différentes associations, ONG, consommateurs, organisations environnementales, mutuelles….

Le comité est saisi avant toute initiative législative par la Commission européenne et il peut aussi émettre des avis d’initiative. 

C’est le cas dernièrement sur le sujet de l’Intelligence artificielle et ses impacts sur le monde du travail dont la rapporteure est la secretaire nationale de la CFDT Cadres, Franca Salis Madinier.

En mai 2017, un premier avis avait été adopté par le CESE qui a été précurseur en la matière. L’intelligence artificielle et ses enjeux sociaux et sociétaux et les défis pour l’Europe étaient les sujets abordés dans l’avis. D’ailleurs, suite à ce rapport, la secrétaire nationale de la CFDT Cadres qui faisait partie du groupe d’étude a été invitée à participer à plusieurs débats en France sur l’’IA : OCDE, Journées de l’innovation, Cercle des juristes...

Pour le monde syndical en Europe et en France, il est important de se saisir du sujet de l’intelligence artificielle car ses impacts sur le travail, sur les conditions de travail, sur la qualité et la quantité des emplois, ne seront pas négligeables.

Le 30 mai, c’est dans ce cadre qu'a été organisée une audition publique à laquelle ont pris part la commission européenne, des représentants du monde académique, des  représentants des entreprises et des syndicats européens, ainsi que la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés). 

Le débat riche, autour des points de vue différents, a permis d’éclairer les travaux dans le cadre de l’élaboration de l’avis qui tombe à point nommé par rapport aux initiatives de la Commission européenne sur le sujet. En effet, la commission vient de créer un groupe de haut niveau sur l’IA avec la finalité d’élaborer des lignes directrices éthiques européennes sur l’intelligence artificielle. L’objectif de l'avis sera de faire intégrer dans ces lignes directrices des préconisations qui concernent en particulier les travailleurs.


► L'avis de Franca Salis-Madinier, Membre du CESE et Secrétaire nationale de la CFDT Cadres :
"Il convient d'anticiper les impacts de l'intelligence artificielle sur le travail afin d'assurer une transition numérique équitable. Le travail est un espace d'interaction par excellence entre l’humain et la machine. Au-delà de la question de l’emploi, nous devons nous pencher sur la nature du travail, l’organisation du travail et les conditions de travail : des aspects trop peu abordés. Cette anticipation doit être articulée à l'aide des outils existants au niveau européen et national."

 

+ d'infos :

Intelligence artificielle : Pour un travail durable et de qualité (europa.eu)

CESE : Programme de l'audience publique du 30 mai 2018

 

Crédit photo : shutter stock maxuser