égalité et discriminations

Réforme des retraites : les conséquences pour les cadres

06 jan 2011

Carrières discontinues, entrée tardive dans le statut de cadre, l’âge de disparition totale de la décote fixé à 67 ans sera une réalité pour nombre de cadres.


Avec l’âge d’ouverture des droits qui passe à 62 ans très rapidement, les cadres sont concernés. L’âge moyen de liquidation de la retraite des cadres AGIRC est aujourd’hui de 61,5 ans. Un nombre important de cadres issus de la promotion interne seront donc touchés par le décalage, notamment ceux qui ont commencé tôt et ont effectué une partie de leur carrière comme ouvriers, employés ou techniciens. On plaque trop facilement sur les années soixante-dix le schéma d’aujourd’hui où un nombre important de jeunes diplômés commence le travail immédiatement sur des métiers très qualifiés.

L’âge de disparition totale de la décote fixé à 67 ans va toucher tous ceux qui ont une carrière incomplète ou hachée. Et si certains ont la chance d’être embauchés comme « cadres » immédiatement, d’autres, trop nombreux, peinent à trouver du travail correspondant à leurs qualifications.

En 2010, il n’est pas rare d’attendre 30 ans pour obtenir un emploi stable, convenablement rémunéré. Ces jeunes d’aujourd’hui seront directement concernés par la loi et devront attendre 67 ans pour percevoir une pension sans décote. Cette mesure, comme cela a été souligné dès le début par la CFDT touchera particulièrement les femmes qui, cadres ou non, subissent les arrêts et les temps partiels liés à la maternité et à l’éducation des enfants.

Demander que l’on travaille jusqu’à 62 ou 67 ans est facile à décréter mais sous réserve que l’on puisse effectivement garder son emploi jusqu’au bout. La plupart le souhaitent alors qu’il faut bien rappeler que plus de la moitié des salariés ne sont plus en emploi au moment de la liquidation de leur retraite.

Une réforme des retraites réussie passera nécessairement par un changement d’attitude vis-à-vis des séniors et par une modification en profondeur, une véritable révolution, des conditions de travail. Cette réforme est donc injuste pour tous.

Il faudra beaucoup d’arguments solides pour démontrer qu'il s'agirait d'une réforme pour les cadres. Ce n’est en aucun la perception de ceux qui, nombreux, ont défilé avec l’ensemble des salariés depuis le printemps car eux aussi, salariés à part entière, ils ne vivent pas en dehors des réalités concrètes. Tous salariés, solidaires, ne les opposons pas.

 

L'intégralité à lire dans Cadres CFDT n°442, déc. 2010 :