Numérique et télétravail

[CESE] Un pas en avant pour une transition numérique juste

L'avis du CESE relatif à « La gestion des transitions dans un monde de travail numérisé » a été adopté ce mecredi 11 juillet à Bruxelles.

 

À la demande de la nouvelle présidence autrichienne de l’UE, qui succède à celle de l'Estonie depuis le 1er juillet 2018, le Comité Economique et Social Européen a élaboré un avis rapporté par Franca Salis-Madinier, secrétaire national à la CFDT Cadres. L'avis intitulé « La gestion des transitions dans un monde de travail numérisé » vient d’être adopté en séance plénière du comité à Bruxelles, le 11 juillet 2018 (152 voix pour, 4 contre, 1 abstention).

Le CESE appelle à une transition numérique juste, ce qui signifie que tous les citoyens, travailleurs et entreprises européennes profitent et bénéficient des avancées technologiques et de toutes les opportunités que ces transformations offrent. Le CESE refuse le constat d'une transformation numérique qui induirait inéluctablement des "perdants".

Une transition juste suggère non seulement de détenir les bonnes compétences, mais aussi d'assurer aux travailleurs et citoyens des systèmes de solidarité et de sécurité sociale dans le respect des valeurs de l’Europe : la promotion de l’emploi et du développement des ressources humaines pour assurer un niveau d’emploi élevé et durable, l’amélioration des conditions de vie et de travail tout en permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social, la lutte contre les exclusions et la réduction de la pauvreté.


LES Défis d'UNE TRANSITION JUSTE :

  • La prise en compte des différences entre les pays, soumis à des risques plus ou moins importants d’automatisation (fonctions de l'anticipation et de l'investissement dans les nouvelles technologies, des secteurs et des qualifications des travailleurs).
     
  • Le dialogue social : une transition juste et fluide nécessite un degré d'anticipation et un besoin d’implication des représentants de travailleurs au niveau des entreprises, pour négocier les conditions de l’introduction de nouvelles technologies, pour que le travailleur reste au centre du processus et contribue à son amélioration selon le principe de l’humain aux commandes dans la relation avec la machine.
     
  • La garantie et le développement des bonnes compétences pour les citoyens et travailleurs dont les compétences ne peuvent pas faire face à la transformation des emplois et des activités.
     
  • La mise en place de fonds de financement suffisants : 0,3% des dépenses publiques totales de l’UE sont actuellement destinées aux politiques sociales. Des ressources suffisantes dans le cadre du plan budgétaire de l’Union Européenne post 2020 doivent être mises à disposition pour accompagner la transition numérique dans le monde du travail (cf fond de numérisation).
     
  • L'égalité hommes/femmes : nous sommes confrontés à une sous-représentation des femmes dans les filières à forte composante numérique : le CESE soutient la promotion et le monitorage de l’accès des femmes à ces secteurs.
     
  • Une protection sociale collective : en référence au Socle européen des droits sociaux proclamé par les chefs d’État européens, par la commission et le parlement européens en novembre dernier à Göteborg, il est impératif d’assurer une protection sociale collective pour couvrir tous les travailleurs, en particulier ceux occupant des emplois atypiques.
     
  • La prévention des risques de l’intelligence artificielle, pour une IA responsable au service du bien commun et des lignes directrices éthiques en Europe. Le CESE affirme la nécessité de la transparence des algorithmes et le principe fondamental de la maîtrise de l’humain sur la machine (Human in command).  À ce propos, le CESE soutient le développement de la recherche sur l’ergonomie cognitive.

 

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