IA au travail : la CFDT appelle à agir sans tarder
Vendredi 30 janvier à Nancy, à l’occasion du congrès extraordinaire de la CFDT Grand Est, la CFDT Cadres participait à un débat sur l’intelligence artificielle.
par Franca Salis-Madinier, chargée de mission CFDT Cadres
IA au travail : la CFDT appelle à agir sans tarder
La première partie du débat organisé ce vendredi au centre Prouvé ce Nancy portait sur l’intelligence artificielle dans le monde du travail, avec l’intervention de Franca Salis-Madinier, ancienne secrétaire nationale de la CFDT Cadres et vice-présidente du groupe travailleurs au comité économique et social européen, et par Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT en charge du numérique et de l’IA.
La seconde l’intervention de Tristan Mendès France s’est focalisée sur l’IA et la démocratie. Les effets de l’IA au travail sur les emplois et sur le contenu de travail sont et seront profonds, mais ces effets ne sont pas prédéterminés. Ils sont en fonction de la finalité de l’adoption de l’IA et du pouvoir du dialogue social à la questionner. Sur les emplois et leur suppressions, les chiffres les plus contradictoires circulent : ils oscillent entre 30% (selon le FMI) à 5,5% selon d’autres études.
Des groupes vulnérables face à l’IA | Franca Salis-Madinier a souligné la vulnérabilité de certains groupes de travailleurs comme les femmes, les seniors et les jeunes peu qualifiés ; ces groupes ont peu d’opportunité dans leurs métiers de travailler avec l’IA et peu d’accès à des formations liées à cette technologie.
Elle a aussi mis en lumière une tendance nouvelle sur l’emploi observée aux États-Unis, avec une baisse enregistrée de recrutements des jeunes diplômés de 13%, confirmée en France par l’APEC qui relève une baisse de recrutements des jeunes cadres travaillant dans le contrôle de gestion, dans les métiers administratifs et dans ceux de la communication.
Le rôle du dialogue social | Défendre le principe de l’humain aux commandes, exiger la transparence dans l’utilisation des logiciels d’IA, pouvoir négocier les impacts de ces outils sur les travailleurs et sur leur activité est un gage de réussite d’un projet de transformation au travail lié à l’IA. Luc Mathieu a rappelé que plus de 90% des projets d’introduction d’IA échouent car mal ficelés et mal accompagnés.
Les négociations et les accords en France ne sont pas légion et concernent notamment quelques grands groupes comme BPCE ou Axa. Néanmoins, une annonce a été faite lors de ce débat avec la signature par la CFDT d'un accord sur l’IA à Albea France, une PME du secteur chimie-énergie qui produit du packaging pour les cosmétiques.
Un message fort a été livré auprès des syndicalistes présents dans la salle : ne pas laisser l’IA se faire sans nous, utiliser l’arsenal juridique à disposition et les outils crées par la confédération pour engager le dialogue social sur le numérique.