Emploi et compétences

Les métiers en 2020 : toujours plus de cadres

25 avr 2012

Quels sont les secteurs et les métiers porteurs d’emploi dans les prochaines années ?


Quelles sont les projections de postes à pourvoir par métiers en fonction des départs en fin de carrière mais aussi du nombre possible de créations d’emploi ? D’ici 2020, le nombre de départs en fin de carrière devrait être proche de 600 000 par an en moyenne (contre un peu plus de 400 000 sur la période 1993-2001), même si l’âge moyen de cessation d’activité devrait continuer à augmenter. Ces départs libèreront deux types de postes : des métiers non remplacés et des créations d’emploi. Celles-ci devraient principalement profiter aux cadres, aux professions intermédiaires, aux métiers de soins et d’aide aux personnes fragiles et aux professions du bâtiment. Ce aux dépens notamment de professions administratives. L’étude de la Dares confirme la tendance à la progression de la part des métiers occupés par des cadres (qui dépassera les 20% à l’horizon 2020) ainsi que leur féminisation. Une augmentation du niveau de qualification due au poids croissant des secteurs où ils sont présents (tertiarisation).

L’intérêt est de se porter sur la typologie des métiers et donc de l’évolution du travail. Certains conjuguent de fortes créations d’emploi et des départs en retraite conséquents : ce sont les activités d’assistance aux personnes. D’autres subissent des pertes d’emplois durablement tels que les ouvriers de l’industrie, les agriculteurs et les employés administratifs de la Fonction publique. Dans la plupart des cas, les métiers qui offriront proportionnellement le plus de postes seront occupés par des cadres et des professions intermédiaires dites ‘’supérieures’’. Et ce quelque soit le domaine professionnel. Citons :

  • les cadres des services administratifs, comptables et financiers,
  • les cadres commerciaux et technico-commerciaux,
  • les ingénieurs de l’informatique et des télécommunications.

Et, dans une moindre mesure :

  • les cadres des banques des assurances,
  • les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

Les secteurs dynamiques devraient être portés par les nouvelles technologies (technologies de l’information et de la communication, nanotechnologies…), la recherche-développement et la haute technologie (pharmacien, aéronautique…). Mais aussi avec l’essor du multimédia et des activités audiovisuelles. Enfin, les créations d’emploi devraient être également importantes pour les cadres et les agents d’exploitation des transports et de la logistique, dans un contexte de développement des transports collectifs.

Reste à savoir si le scénario conjoncturel est assez prudent. Celui-ci intègre une croissance ralentie suivie d’une phase de rattrapage. Le nombre annuel moyen d’emplois créés serait légèrement inférieur à celui de la période 1993-2010. Les effets de la crise financière seront-ils amortis par le départ en retraite des baby boomers ?

Fléchissement de l'emploi selon l'Apec

Pour la première fois depuis trois ans, les intentions d’embauche des entreprises sont en baisse au second trimestre, ce qui traduit une grande prudence, voire un certain pessimisme. Déjà, au trimestre précédent, les entreprises ont été un peu moins nombreuses à embaucher au moins un cadre qu’il y a un an (54 % contre 56 %). Les entreprises qui recrutent des cadres recherchent avant tout des jeunes cadres avec quelques années d’expérience, directement opérationnels. Plus de huit entreprises sur dix qui recrutent ciblent des cadres de 1 à 10 ans d’expérience, soit deux fois plus que des jeunes diplômés ou des cadres de plus de 20 ans d’expérience. Il convient toutefois de noter que la proportion d’entreprises envisageant de recruter des jeunes diplômés est stable par rapport à l’an passé à la même période. Ainsi, parmi les entreprises qui envisagent de recruter au deuxième trimestre 2012, 43 % embaucheraient des jeunes diplômés, soit autant qu’il y a un an, alors que le contexte économique est plus difficile. Cette stabilité constitue en soi un indicateur de confiance en l’avenir (source : Apec, Note de conjoncture trimestrielle - 2ème trimestre 2012).

 

Pour en savoir plus