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Mobilité des jeunes : l’accès aux séjours à l’étranger encore inégal

21 fév 2019

Les premiers benchmarks sur les séjours des jeunes à l’étranger sont exploités par la Commission européenne.


par Ute Meyenberg, Secrétaire nationale de la CFDT Cadres

La Commission européenne a publié pour la première fois en octobre 2018 des données issues d’Eurostat sur les séjours à l’étranger des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Ainsi, en Europe en 2016, 10% de jeunes ont effectué une période d’études ou de formation à l’étranger. La France, avec 16%, se situe au-dessus de cette moyenne. En revanche, le Royaume-Uni fait office de dernier de la classe avec 4%, et les Pays-Bas, à l'inverse, culminent à 23%. Les jeunes issus de l’enseignement professionnel (CAP, BEP et baccalauréat professionnel) sont entre 3 et 4% à avoir effectué un séjour à l’étranger d’au moins deux semaines. 

Au cœur de la construction de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur fixé par la déclaration de Bologne en 1999, ces chiffres sont encore en dessous de l’objectif de 20% mais traduisent néanmoins un certain dynamisme. Pour les enseignements professionnels, intégrés bien plus tard dans le processus de Bologne, l’objectif est de 6%.


Un accès inégal selon le milieu socio-professionnel

Cependant, l’accès à la mobilité n’est pas égal : plus le niveau scolaire augmente, plus grandes sont les chances de partir à l’étranger et, de façon connexe, pour les enfants dont les deux parents ne sont pas cadres, ceux issus de l’immigration et ceux issus des quartiers prioritaires, il est plus difficile de connaître ce type d’expérience. Certaines différences sont aussi liées au type de formation : les cursus des écoles de commerce et d’ingénieur (86%) intègrent la mobilité internationale d’office. Pour les doctorants (75%), ces expériences sont valorisées pour les thèses.


Une grande diversité des expériences

Les deux benchmarks ne portent que sur les séjours encadrés par une convention de stage ou une période d’enseignement, soit 34% du total des séjours. L’enquête Génération 2013, menée auprès d’un échantillon de près de 20 000 jeunes sortis du système éducatif en 2013, montre un paysage plus diversifié. Elle a permis d’établir une typologie de 6 profils ayant effectué des types de séjours en lien avec leur scolarité selon le motif du séjour (stage, études), sa durée, son financement et le mode de reconnaissance de l’expérience ainsi acquise. Les séjours pour motif d’études ou de stage sont fortement liés au niveau de diplôme préparé au moment du séjour et concernent plutôt les études supérieures. En revanche, seulement un quart des séjours courts sont réalisés dans le cadre d’études supérieures.


Un objectif majeur européen… à encourager

La mobilité internationale est fortement encouragée dans les objectifs européens car considérée comme un atout pour l’entrée sur le marché du travail. Cependant, on n’a actuellement pas encore suffisamment de données pour évaluer  les bénéfices réels de ces séjours au cours des études. Pour construire le marché du travail européen, cette question est pourtant essentielle et l’enquête Génération se propose de creuser la question à l’avenir. Pour la CFDT Cadres, c’est également une nécessité.

 

Aller plus loin

Séjour des jeunes à l’étranger : des objectifs européens partiellement atteints mais un accès encore inégal à la mobilité (Cereq Bref n°371, 2019)

Massive increase in highly skilled EU movers (eurocadres.eu)