Les cadres : 1 emploi sur 5

 

En France, près d'un actif sur cinq est un cadre, près de 40% des cadres sont des femmes et plus des trois quarts des cadres sont diplômés de l'enseignement supérieur. Si les cadres sont nettement moins exposés au chômage que les autres actifs, leur durée du travail est en moyenne sensiblement supérieure. Leur salaire moyen a stagné en pouvoir d'achat depuis vingt ans. Les femmes cadres sont plus souvent diplômées que leurs homologues masculins et leur niveau de diplôme est plus élevé, mais les hommes et les femmes cadres font rarement les mêmes métiers. Et l'écart de salaire moyen entre femmes et hommes, s'il s'est réduit depuis vingt ans, reste supérieur à 20%.

 

Les cadres sont plutôt épargnés par le chômage : leur taux de chômage, inférieur à 4% en 2012, est 2,5 fois moindre que celui de l'ensemble des actifs. Cet avantage relatif a fortement décru au début des années 1990, au moment où le chômage progressait, mais l'embellie due au boom économique de la fin de la décennie 1990 leur a davantage profité et s'est prolongée dans les années 2000. La crise de 2009 semble également les avoir moins atteints que les non-cadres, ou du moins avec un certain retard. En outre, les cadres sont moins exposés à la précarité que les autres catégories, même si cette spécificité a tendance à s'estomper. 7% des cadres salariés occupaient un emploi précaire (CDD, intérim, contrats aidés) en 2010 contre 14% de l'ensemble des salariés.

 

Le niveau de formation des cadres est, comme attendu, bien supérieur à celui de l'ensemble de la population active occupée. Plus des trois quarts des cadres en emploi possèdent au moins un diplôme de niveau bac + 2 et 60% au moins un diplôme de deuxième cycle de l'enseignement supérieur ; c'est plus de deux fois plus que pour l'ensemble des actifs en emploi. Cette tendance s'est renforcée depuis vint ans. Le diplôme n'est pas la garantie d'un accès immédiat au statut cadre (seulement 60% des bac+5 sont cadres au début de leur carrière), mais il le permet quelque soit la catégorie sociale (à diplôme identique, les enfants d'ouvriers sont aussi souvent cadres que les enfants de cadres). Etre cadre sans diplôme est de plus en plus difficile.

 

La durée hebdomadaire de travail déclarée par les cadres (à temps partiel et à temps complet) est sensiblement plus élevée que celle déclarée par l'ensemble de la population active occupée : 44 heures contre 39 heures. Elle est plus élevée pour les hommes que pour les femmes cadres. Les cadres et ingénieurs d'entreprise travaillent légèrement plus longtemps que les cadres de la Fonction publique. Près de 60% des cadres travaillent dans une entreprise de plus de 500 salariés alors que cette proportion n'est que de 40% pour l'ensemble des salariés (public et privé). À l'inverse, seuls 7,5% des cadres travaillent dans des très petites entreprises (moins de 10 salariés) contre 23% de l'ensemble des salariés (source : A quoi servent les cadres ?, O. Jacob, 2013).

 

Hormis dans les conventions de la métallurgie-cadres, des travaux publics-cadres et du bâtiment-cadres, qui par nature ne couvrent que les cadres, la plus forte proportion de cadres s’observe dans 5 des principales conventions collectives de branche : 43 % pour les sociétés d’assurance et de publicité, 46 % pour les banques, 55 % pour les télécommunications et 57 % pour les bureaux d’études techniques (source : Dares).

 

Il y a près de 4,7 millions de cadres et professions intellectuelles supérieures. Ils étaient 2,5 millions en 1990 ! Les cadres représentent 18% de la population en emploi. Plusieurs facteurs concourent à la hausse du niveau de qualification : le progrès technique (besoin d'emplois de plus en plus qualifiés), la complexification des organisations des entreprises, le développement des fonctions commerciales et une économie plus tournée vers l'éducation, la santé et l'action sociale (la tertiarisation et le développement des services ont eux accru la catégorie des employés).

 

Sur le même sujet