Revue Cadres n°447. Nouveaux emplois, nouveaux droits ?

Décembre 2011

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Entretien avec Emmanuel Antoine, Alexandre des Isnards et Jean-Pierre Gendraux

Vivre l’emploi autrement. Témoignages de salariés portés et d’un auto-entrepreneur

Qui sont ces salariés qui quittent un emploi salarié classique pour se tourner vers des formes d’emploi atypiques ? Trois témoins racontent le parcours qui les a conduits, pour deux d’entre eux à devenir des salariés portés, et pour le troisième à devenir auto-entrepreneur. Multiples, ces expériences apparaissent comme autant de solutions dans des trajectoires professionnelles confrontées au chômage ou marquées par un plus grand besoin d’autonomie. Dans cet entretien croisé, ces cadres font également le tour des points forts et faibles de ces formes atypiques d’emploi.


Focus. Les formes atypiques d’emploi. Une présentation


Jean-Yves Kerbourc’h

Une offre juridique pléthorique. Petit guide des relations intermédiées

Une relation de travail est intermédiée lorsqu’un tiers s’entremet dans les rapports qui unissent un travailleur et son donneur d’ordre. Selon ses besoins professionnels, le cadre peut chercher soit un employeur de référence, soit un employeur de circonstance, et peut bénéficier dans les deux cas d’une large offre juridique. Ces structures intermédiaires (groupements d’employeurs, entreprises de travail à temps partagé, coopératives d’activité et d’emploi, portage salarial...) qui mettent en relation un travailleur et son donneur d’ordre peuvent être des tremplins qui favorisent de nouveaux départs professionnels. Mais si elles sont utilisées comme antichambre du chômage des cadres, le juge et le législateur n’hésiteront pas à en durcir les conditions de recours.


Focus. Syndiquer des cadres atypiques. Une préoccupation ancienne


Entretien avec Roland Bréchot

Encourager l’autonomie des salariés. Le point de vue d’un dirigeant d’une entreprise de portage salarial

Cet article et les deux suivants cherchent à comprendre les spécificités de ces emplois atypiques, en examinant successivement et sous des angles différents trois de ces formes d’emploi (portage salarial, groupements d’employeurs, auto-entreprenariat). Il y a d’abord la question de l’autonomie. Le portage salarial peut aider les salariés à acquérir une véritable autonomie dans leur travail et à transformer le lien de subordination classique entre le salarié et l’employeur en une coopération volontaire. Mais le portage salarial ne peut pas fonctionner comme une bouée de secours. Il s’adresse à des cadres bien armés, en capacité de construire leur propre activité économique.


Bénédicte Zimmermann

Le travail à temps partagé. Un révélateur des transformations des rapports entre l’individuel et le collectif

Si le travail à temps partagé auprès d’un groupement d’employeurs offre pour de nombreux salariés, en particulier cadres, davantage de liberté et de sécurité qu’un emploi classique, la démultiplication des liens qu’induit le passage par un tiers-employeur est aussi synonyme de vide collectif. En l’absence de dispositifs collectifs, ce sont les salariés les mieux dotés en compétences sociales et relationnelles qui tirent le plus grand profit de cette forme de salariat. Plus globalement, un examen précis des groupements d’employeurs permet de mieux comprendre les tensions et les ambivalences qu’introduit la flexibilité dans la relation salariale en général.


Sarah Abdelnour

Administration publique recrute auto-entrepreneurs. Des faux indépendants en contexte de RGPP

Créé dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie d’août 2008, le régime de l’auto-entreprenariat est censé constituer un moyen pour tous de « travailler plus pour gagner plus », par le biais d’une petite activité indépendante, menée à titre principal ou secondaire. Si lerégime doit permettre en théorie le cumul des revenus et des statuts, et la création de son propre emploi pour les chômeurs, il semble pourtant que dans certains cas, il remplace le revenu principal et fragilise le statut d’emploi. C’est le cas des auto-entrepreneurs qui sont en réalité des salariés déguisés, anciens salariés de l’entreprise ou nouveaux recrutés, qui exercent désormais leur activité sous le régime de l’auto-entrepreneur. Et si cette utilisation frauduleuse du régime a cours dans les entreprises privées, elle semble également faire florès du côté des employeurs publics à la recherche de solutions innovantes pour contourner les réductions de postes et réduire leurs coûts de main-d’oeuvre.


Entretien avec Ivan Béraud et Christian Janin

Des formes d’emploi à encadrer. Pour une sécurisation de tous les parcours professionnels > Télécharger l'article

L’article qui précède montre les dérives inquiétantes qui peuvent guetter certaines formes atypiques d’emploi. La CFDT et la fédération Culture, Conseil, Communication (F3C) ne sont pas opposées a priori aux formes atypiques d’emploi si elles permettent de concourir à la sécurisation des parcours professionnels. La CFDT admet depuis longtemps que le marché du travail ne peut plus se traiter par un seul CDI et cherche donc à négocier le maximum de garanties collectives pour ces salariés spécifiques. Au-delà de cet usage « sécurisation des parcours professionnels », ces formes d’emploi doivent être limitées, car elles participeraient à la dégradation du marché de l’emploi en plaçant les personnes concernées dans des situations de dépendance économique vis-à-vis d’employeurs ou d’intermédiaires qui loueraient leurs services à des entreprises.


Bernard Gomel

Le risque de la flexibilité. Une tendance de fond du marché de l’emploi ? > Télécharger l'article

Etudier les formes atypiques d’emploi, c’est finalement s’intéresser aussi au risque de la flexibilité. Pour Bernard Gomel, le marché de l’emploi en général est confronté à un risque d’individualisation de la relation d’emploi. Et même si les tentatives directes pour flexibiliser le CDI se sont soldées par des échecs (CNE, CPE), les nouvelles modalités de rupture de la relation de travail tendent à supprimer, à alléger ou à contourner la protection des travailleurs et plus généralement à transférer les risques de l’employeur vers le professionnel concerné. C’estpeut-être en demandant des contreparties à l’employeur, notamment en termes de formation durant le temps de l’emploi, qu’une telle tendance pourrait être contrecarrée.


  • Journal

  • Ridha Tlili. Les élections du 23 octobre 2011 en Tunisie. Une première lecture

  • Laurent Mahieu. Volontariat et bénévolat. Quand le travail emploie d’autres formes

  • Entretien avec Christophe Jacques-Antoine. L'insertion des personnes handicapées. Une éducation à la citoyenneté

  • Martine Flacher. Fonction publique : des cadres comme les autres ? Compte rendu du séminaire de l’observatoire des Cadres du 16 septembre 2011

  • Notes de lecture