Management et organisation

L’organisation du travail évolue dans l'instabilité

04 mar 2014

La moitié des cadres déclarent l’organisation du travail dans leur entreprise instable au cours des trois dernières années.


L’étude Apec sur l’évolution de l’organisation du travail des cadres porte un regard approfondi et novateur sur le vécu par les cadres des évolutions organisationnelles. Le changement est devenu un état permanent des entreprises et, non sans paradoxe, le souci constant de (re)mise en ordre apparaît lui-même comme… créateur de désordre. Conséquence, les cadres consacrent de plus en plus de temps à gérer cette instabilité. Par ailleurs, le pilotage ou le management par projet s’est installé partout. Il n’échappe pas aux cadres que la mise en musique, la réussite finale de la démarche et le maintien durable de la motivation ne sont pas garantis par la seule existence d’un cadre organisationnel. Les cadres ont ainsi plus de travail à faire et de façon plus réactive. En même temps, ils doivent apprendre à connaître et maîtriser les critères de leur propre performance  - comment être sûr de contribuer de manière optimale - parce qu’ils sont évalués sur les seuls résultats et non sur les moyens mis en œuvre ! Parmi les taches en plus, il y a pour de plus en plus de cadres l’organisation du travail elle-même.

Entre le travail normatif exigé par les procédures de suivi et de contrôle et la pression induite par les flux de communication en termes de réactivité attendue ou supposée et de surgissement des urgences, il y a une contradiction évidente. La capacité à répondre à ces deux exigences divergentes constitue un véritable défi que les cadres relèvent au quotidien. L’enquête montre qu’il y a un fort consensus, plus ou moins explicite cependant, pour plus de régulation dans les pratiques, ce que corroborent les directions des ressources humaines interviewées : certaines entreprises cherchent à développer des usages matures, tandis que certains cadres ne cachent pas qu’ils ont atteint un seuil de saturation et tentent de reprendre le contrôle. Il est aussi ressorti de cette enquête qualitative que les cadres avaient rarement l’occasion de parler longuement de leur travail dans un contexte sans enjeu pour eux. Comment alors reprendre le contrôle de son travail ? Parler du travail lui-même devient une nécessité. Etre capable de transformer le désordre établi en qualité de vie du travail passe par la création d’espaces de prise de parole sur le travail, où le dialogue professionnel peut s’instaurer et la recherche performance collective trouver ses repères. Les cadres sont bien celles et ceux qui, au sein des entreprises, font vivre les organisations.

 

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